Ca change n'est-ce pas?
Tu te souviens, c'était l'été et nous, c'qu'on voulait, c'était que quelqu'un commercialise les "big-milk".
Quand on courrait comme des dératés pour les vagues de ce foutu bateau, et que les caddies tombaient dans le lac comme de rien. Quand les amours n'étaient que simples bisous et se défaisaient si facilement. Quand tu disais que plus tard ta secrétaire aurait une mini jupe et que moi je créerais des images dont je pourrais vivre. Tu t'souviens de tout ça, hein, quand tu pensais que tout resterait aussi bon, aussi con. Tu t'souviens de toutes ces bêtises. Les tournages et les premiers émois, les smirnoffs qui tournaient nos têtes, et les discours philosophiques sur l'avenir dont on aimait débattre. Ca aurait dû être génial. C'était rempli de promesses. On était un groupe, on s'aidait, on s'aimait, et puis, c'était bien. Et puis on a grandi, comme prévu. C'est pas si mal. On s'croisait, sans s'arrêter, finalement, on venait de découvrire des choses si banales maintenant, tu sais, de nouvelles têtes, un nouveau train de vie, de nouveaux choix.
Tu crois pas, dis, que si maintenant on regrette ce dernier été d'enfant, ca veut peut-être dire que plus tard, on finira par regretter ces premières années d'adultes? Tu crois pas, dis, que c'est bien maintenant, même si boire en pleine après-midi et écouter des chansons tristes c'est pathétique?
Tu crois pas qu'il faut juste essayer de regretter d'avoir pris le risque plutôt que d'attendre ce qui ne viendra jamais seul?
dimanche, 10 février 2008
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