mercredi, 19 septembre 2007

Une fois de plus

Je suis lâche tu sais.
Bien sur tu sais.

La facilité par le papier.
Encore une fois.
Et mon stylo
dont l'encre mime mal la couleur de ton rouge à lèvres.
Tu sais. Celui que j'aimais. Celui que je baisais du bout des lèvres, et effleurais du bout des doigts.
Tu sais. Celui avec lequel tu m'as laissé ton dernier message.
Sur la glace de cette putain de salle de bain.

Ce n'est pas ton regard que j'ai adoré, mon adorée.
Des cils battants, on en trouve à la pelle sur n'importe quel boulevard.
Tes paupières ont toujours été trop fardées.

Mais ce métal. Planté dans ton maintient.
Cette façon d'être indifférente et trop fière. Cet orgueil ridicul enveloppé d'une armure à tout épreuve.
Tu étais si froide. Si prenante. Tu me rappelais un déluge, une grosse pluie. Quand les gouttes déshabillent les yeux trop maquillés. Quand les pommettes se noircissent d'encre de mascara.

On s'en fou. C'est pas le propo. Y a pas de propo. Juste moi en émoi.
T'es arrivée. T'as tout pris, et t'es partie, sans en toucher mot, et sans rien laisser.
Juste un vide, un grand vide, déposé près du paillasson.


Combien de lettres t'ai-je écrites que jamais tu ne liras.

Demain, peut-être, je glisserai ce brouillon sous ta porte close.
Que tu n'ouvriras plus jamais.
Et peut-être alors que le monde changera, et que cette voiture ne t'aura jamais fauchée.

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